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Est-il toujours intéressant de souscrire un contrat d'assurance vie ?

Produits financiers
A propos de l'auteur Equance est une société de Conseil en Gestion Privée Internationale proposant des prestations allant du conseil en gestion de patrimoine, au suivi fiscal et à la mise en œuvre de solutions pour le compte de résidents et non-résidents français. La société s’appuie sur un réseau indépendant de consultants en gestion de patrimoine répartis sur le territoire français et dans plus de 50 pays. Forte des 30 ans d’expérience de ses associés, la société s’est imposée parmi les leaders dans les prestations de Conseil en Gestion Privée des Français de l’étranger et comme un acteur alternatif significatif sur le marché national. Société par Actions Simplifiée au capital de 500.000 Euros, Equance est dirigée par Olivier Grenon-Andrieu, Président, et Didier Bujon, Directeur Général. En 2017, Equance est nommée, pour la 4ème année consécutive, par le magazine Décideurs comme un des cabinets « Incontournables » en termes de conseil en gestion de patrimoine et figure à la 33 e place du classement de L’Argus de l’assurance 2017 des meilleurs courtiers généralistes du marché français.

Tribune d’Olivier Grenon-Andrieu, Président d’Equance du 23 septembre 2012

Est-il toujours intéressant de souscrire un contrat d’assurance vie ? La question mérite d’être posée…Olivier Grenon-Andrieu, Président d’Equance se penche donc sur la réponse…

Et elle est positive pour deux raisons : tout d’abord, l’assurance vie permet de capitaliser à long terme, dans un cadre fiscal allégé, une épargne non plafonnée. Ensuite, elle facilite grandement la transmission, à moindre coût.

L’assurance vie est donc un outil privilégié pour préparer sa retraite et un instrument de transmission et ce, même si la durée de détention obligatoire pour en sortir moins fiscalisé, passe de 8 à 12 ans, comme l’envisagerait le gouvernement.

Pour optimiser l’intérêt de ce placement, Olivier Grenon-Andrieu conseille de regarder les contrats en unités de compte, qui permettent, dans une optique de long-terme et de préparation à la retraite, d’espérer des rendements corrects.

Alors que les avantages fiscaux accordés à ce produit risquent de s’amenuiser encore, il est légitime de se poser la question : est-il toujours intéressant de souscrire un contrat d’assurance vie ?

La réponse reste oui, à double titre :

  • l’assurance vie permet de capitaliser à long terme, dans un cadre fiscal allégé, une épargne non plafonnée,

  • et elle facilite grandement la transmission à moindre coût. Cette période d’interrogation peut représenter une bonne occasion, pour les épargnants, de repenser leurs investissements dans ce domaine : le « tout fonds euros » doit laisser la place à un meilleur équilibre avec les contrats en Unités de compte, dans un but de préparation de sa retraite et à l’heure où la fiscalité sera plus attractive sur longue durée.

Le gouvernement envisage d’augmenter le délai de défiscalisation des plus-values des contrats d’assurance vie de 8 à 12 ans… Une mesure qui toucherait tous les contrats non dénoués de façon rétroactive.

Par ailleurs, les prélèvements sociaux devraient, eux aussi, augmenter. Ce « mauvais point » fiscal s’ajoute à une série de nouvelles guère plus réjouissantes pour le secteur, mais cette fois relevant du domaine financier : les aléas des marchés boursiers ces derniers mois, conjuguée à la baisse de rendement des fonds en euros, a engendré un fort mouvement de décollecte sur les contrats.

La méfiance des épargnants pour l’assurance vie est-elle justifiée ?_

En vérité, si l’on y regarde de plus près, le désamour n’est pas engendré par des raisons vraiment objectives…​

Faisons le point sur les deux risques évoqués la plupart du temps : les rendements en baisse et la fiscalité moins attractive.

  • La fiscalité est toujours attractive… dans le cadre d’un investissement à long terme préparant une retraite ou une transmissionRemarque préliminaire : remettre en cause l’enveloppe fiscale de l’assurance vie, c’est potentiellement risquer (par la décollecte d’épargnants déçus) de remettre en cause la pérennisation de la contrepartie aux émissions obligataires de la France (et de l’Allemagne) puisque ce sont entre 85% et 90% des actifs qui sont investis sur des contrats en euros et donc sur des produits de taux ! Notons que ces actifs ne financent ainsi pas l’économie mais les dettes souveraines… C’est pourquoi, comme nous le verrons dans la deuxième partie de cette tribune, il est intéressant de valoriser les contrats en unités de compte.

L’assurance vie est indéniablement un outil privilégié pour préparer sa retraite et continuera de l’être, même si la durée de détention obligatoire pour en sortir moins fiscalisé, passe de 8 à 12 ans. En effet, il y a fort à parier que la majorité des épargnants conservent déjà, aujourd’hui, leurs contrats pendant de très longues années (10, 15 ou 20 ans), alors même que la loi leur permet de solder les comptes sans une fiscalité trop lourde après 8 ans seulement. L’allongement de la durée de détention « optimisée fiscalement » ne va donc rien changer pour ces épargnants qui, dès le départ, conçoivent le placement sur le long terme. Intérêt non négligeable par rapport à d’autres produits défiscalisés comme les Livrets A ou LDD : les montants investis en assurance vie ne sont pas plafonnés. Compte tenu des inquiétudes planant sur le montant des retraites dans les prochaines années, les épargnants ont intérêt à continuer à mettre de l’argent de côté, par le biais, entre autres, de l’assurance vie. L’épargne forcée que représente un contrat sur lequel on peut effectuer des versements programmés est un atout non négligeable. Les versements programmés permettent à la fois de « lisser » les baisses de marché et de se contraindre à épargner.

La possibilité d’effectuer des retraits partiels, dont la fiscalité ne devrait pas être alourdie, minimise aussi la portée de l’allongement de la durée de détention en vue d’une sortie définitive défiscalisée.

En plus d’être un outil d’épargne de grande qualité, l’assurance vie est un instrument de transmission très attractif sur le plan fiscal. Le souscripteur d’un contrat peut transmettre par décès à n’importe quel bénéficiaire, y compris à un tiers, 152.500 €, avec une imposition réduite. La remise en cause de cette mesure ne semblant pas d’actualité, voilà un argument choc en faveur de l’ouverture d’un contrat…

  • Les contrats en unités de compte valent la peine d’être regardés… La « ruée » des épargnants sur les contrats en euros qui représentent donc la très grosse majorité des contrats du marché ne se justifie plus tellement, à l’heure où même les dettes souveraines ne sont plus aussi sûres qu’avant et où les rendements baissent inéluctablement. L’argument « 100% sécurité » se délite un peu et c’est sans doute l’occasion de découvrir l’univers des contrats en unités de compte, investis sur des actifs boursiers souvent plus rentables à long terme et qui peuvent être sécurisés au maximum, notamment dans le cadre de contrats d’assurance vie de la dernière génération qui offrent des options d’arbitrage automatiques un peu comme un compte titres.

Bien entendu, on ne connaît pas l’avenir financier des actions, mais l’expérience a prouvé que, sur longue durée (15 ans, par exemple), on retrouvait quasiment toujours le capital investi, agrémenté d’une plus-value.

Encore faut-il respecter certaines règles de sécurité.

La première est de ne pas mettre tous ses œufs, en même temps, dans le même panier; ce qui est le cas dans un contrat d’assurance vie en unités de compte sur lequel on peut choisir la multigestion associée à de nombreux titres cotés. A l’heure actuelle, les gérants des contrats d’assurance vie utilisent déjà toutes les options de gestion proposées (lissage de l’entrée sur les marchés, consolidation des plus-values, etc…) à l’image de la gestion de comptes-titres.

Par exemple, sur de l’épargne régulière et programmée, l’investisseur peut envisager une politique de gestion plus agressive. En entrant sur les marchés à des moments différents, l’investisseur est gagnant dans les périodes de baisse : c’est ce qui s’appelle la technique du dollar costs averaging. Les versements programmés peuvent être « faibles » : à partir de 50€ / mois.

Exemple du dollar costs averaging

Sur une année coulante de juillet 1998 à juillet 1999, l’indice CAC 40 s’est valorisé de 4373 points à 4665 points et a donc effectué une hausse de 7,40%. Une somme investie en une fois en juillet 1998 aurait donc été revalorisée de 7,40%. Si cette même somme avait été investie, petit à petit, tous les mois, sur les marchés, elle aurait, en revanche, été revalorisée de 17,51%. Le versement programmé est donc une opération sécurisante (les baisses sont lissées avec les hausses) et financièrement souvent plus attractive qu’un versement unique.

Les contrats en unités de compte méritent donc d’être étudiés de près par les épargnants qui peuvent en espérer des rendements corrects, dans une optique de garde à long terme.