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Suivi législatif

PLF2025 : le PFU grimpe à 33% en commission pour rééquilibrer la balance capital-travail

Dans un contexte de tensions budgétaires et de débats sur l'équité fiscale la commission des finances de l'Assemblée nationale a adopté une réforme significative de la fiscalité du capital. Cette mesure, proposée initialement par le groupe Les Démocrates, vise à rééquilibrer la contribution fiscale entre les revenus du travail et du capital, tout en renforçant les recettes de l'État de manière pérenne.

 

Pour mémoire, l'article 28 de la LF pour 2018 a mis en œuvre le prélèvement forfaitaire unique (PFU) afin de simplifier et alléger la fiscalité s’appliquant aux revenus des capitaux mobiliers (intérêts, dividendes) et aux plus-values mobilières. Il a remplacé les modalités alors applicables d’imposition d’une large part des revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values…), perçus par des personnes physiques, par un prélèvement forfaitaire unique (PFU) fixé au taux unique de 30% se décomposant comme suit : 

  • un taux forfaitaire d’impôt sur le revenu (IR) de 12,8 %,
  • les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 % à la suite de la hausse du taux de la CSG prévue par le PLFSS pour 2018

Le champ du PFU est défini à l’article 200 A-1-1° du CGI.

 
La commission des finances a validé une augmentation générale du taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% à 33%.
 
Concrètement, la partie correspondant à l'impôt sur le revenu dans le PFU passe de 12,8% à 15,8%, les prélèvements sociaux restant inchangés à 17,2%.
 
Cette hausse s'appliquera à un large éventail de revenus du capital, incluant les dividendes, les plus-values mobilières, les intérêts et autres revenus assimilés. La mesure modifie plusieurs articles du Code général des impôts, assurant une application cohérente à travers différents types de revenus du patrimoine et de placements.
 
L'objectif principal de cette réforme est double :
  • D'une part, elle vise à contribuer au redressement des comptes publics de façon durable, générant des recettes fiscales supplémentaires estimées à environ 800 millions d'euros par an.
  • D'autre part, elle ambitionne de rééquilibrer la fiscalité entre le travail et le capital, répondant ainsi aux critiques sur l'iniquité du système fiscal actuel.
 
Les partisans de la mesure arguent qu'elle est préférable aux prélèvements ciblés et temporaires initialement proposés dans le projet de loi de finances. Ils estiment que cette approche pérenne est moins susceptible d'encourager des stratégies d'évitement fiscal et qu'elle offre une plus grande stabilité et prévisibilité pour les acteurs économiques.
 
L'adoption de cette mesure par la commission des finances reflète une volonté politique de repenser l'équilibre entre l'attractivité fiscale et la justice sociale, dans un contexte de défis budgétaires croissants.
 
Cependant, il reste à voir comment cette mesure sera accueillie lors des débats en séance publique...

Publié le jeudi 17 octobre 2024 par La rédaction

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