Afin de lutter contre l’évasion fiscale, le Parlement a approuvé aujourd’hui les règles obligeant les grandes multinationales à déclarer publiquement les impôts qu’elles paient dans chaque pays de l’UE.
Cette adoption clos un processus législatif initié il y a plus de cinq ans.
Voir notre article de 2016 : « La proposition de directive sur l’échange automatique d’informations sur la fiscalité des entreprises saluée par le Parlement européen »
Les multinationales et leurs filiales dont les revenus annuels dépassent 750 M€ et qui sont actives dans plus d’un pays de l’UE – devront publier le montant des impôts qu’elles paient dans chaque État membre. Ces informations devront également être rendues publiques sur internet, selon un modèle commun dans un format lisible par machine.
Des rapports détaillés pour une plus grande transparence
Selon l’accord approuvé par les députés, afin de faciliter l’utilisation des informations fournies et d’accroître la transparence, les données fournies par les entreprises devront être ventilées en divers éléments spécifiques. Cela inclut la nature des activités de l’entreprise, le nombre d’employés à plein temps, le montant du résultat avant impôt sur le revenu, le montant des impôts sur le revenu accumulés et payés ainsi que des bénéfices accumulés.
Des mesures supplémentaires afin de prévenir les abus de la part des entreprises
Les filiales ou succursales dont le chiffre d’affaires est inférieur au seuil fixé seront également tenues de faire une déclaration si elles sont réputées n’exister que pour aider l’entreprise à éviter les nouvelles obligations de déclaration.
Certaines dispositions permettent aux multinationales d’être temporairement exemptées de certaines obligations de déclaration, mais celles-ci sont néanmoins strictement encadrées.
Dimension extraterritoriale
Selon le texte législatif, les rapports sur la transparence fiscale s’appliquent également à la liste de l’Union européenne des juridictions non coopératives à des fins fiscales en dehors de l’UE (les pays inscrits sur les listes "noire" et " grise"). Même si les députés souhaitaient des dispositions plus fortes pour lutter contre le transfert de bénéfices vers des paradis fiscaux hors-UE, les nouvelles règles permettront tout de même de faire la lumière sur les impôts perdus au profit des paradis fiscaux. En janvier 2021, le Parlement a pris note des rapports qui montrent que six des 20 plus importants paradis fiscaux au monde étaient des pays de l’UE; et que l’on comptait deux États membres dans le top 6 des paradis fiscaux mondiaux.
Citations
Prochaines étapes
La directive entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’UE. Les États membres auront alors 18 mois pour la transposer dans leur droit national. Cela signifie que les entreprises devront se conformer aux premières dispositions de la directive d’ici la mi-2024.