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Suivi législatif

PLF2025 : Entre rigueur budgétaire et justice fiscale, les pistes envisagées pour redresser les finances publiques

Le Premier ministre Michel Barnier a présenté les grandes lignes du projet de budget 2025 face à la détérioration des finances publiques françaises. Avec un déficit attendu à plus de 6% en 2024 sans nouvelles mesures, le Premier ministre vise à le ramener à 5% en 2025, avec l'objectif de passer sous la barre des 3% imposée par l'Union européenne d'ici 2029.

 

Pour atteindre ces objectifs, Monsieur Barnier prévoit que deux tiers de l'effort proviendront de réductions de dépenses. Il annonce la fin de "l'argent magique" et du "tout gratuit", promettant de traquer les doublons, les fraudes, les abus et les rentes injustifiées. L'accent sera mis sur l'efficacité de la dépense publique.

 

Le tiers restant de l'effort sera d'ordre fiscal. Le Premier ministre demande une "participation" des grandes entreprises réalisant d'importants profits, tout en veillant à préserver la compétitivité du pays. Il a également annoncé l'instauration d'une "contribution exceptionnelle" pour les Français les plus fortunés.

 

Nous avons demandé à Maître Gwendal Chatain du Cabinet Taylor Wessing quelles pourraient être les mesures que le Gouvernement envisage de faire figurer dans le PLF2025.

 
 
 

En préambule et suite aux résultats des éléctions législatives nous lui avons demandé si, comme nous l'avons lu dans la presse, de nombreux ressortissants français se sont précipités chez leur avocat pour évoquer l'expatriation 

 

J'en ai eu, en effet, un certain nombre entre les deux tours notamment quand le NFP évoquait "tout le programme" et "rien que le programme". Nos clients se sont inquiétés. On a eu des questions, des réflexions. Mais ce n'est pas allé plus loin. Tout est en stand-by en attente de ce que va proposer le nouveau Gouvernement.

Pendant cette période floue on a beaucoup étudié pour nos clients le cas de l'Espagne et de l'Italie (qui propose un régime d'impatriation trés intéressant) qui sont deux hotspots européens. La Belgique n'est plus la destination phare, au contraire les expatriés en partent, pour plusieurs raisons : le changement de la politique budgétaire et la qualité de vie aussi, le temps n'est pas forcément au beau fixe. Le Portugal qui est en train d'adopter de nouvelles règles pourrait redevenir attractif pour nos comaptriotes. Hors Europe, Dubaï plait beacoup de même que l'amérique du Sud.

Gwendal Chatain - GC

 
Lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale mardi 1er octobre, le locataire de Matignon a demandé «une contribution exceptionnelle aux Français les plus fortunés». Lors de son intervention dans l'émission « Les 4 Vérités » sur France 2 ce jeudi 3 octobre, Laurent Saint-Martin, ministre du Budget, a apporté des précisions sur les futures hausses d'impôts « temporaires ». 
 
Il a annoncé : « Nous allons mettre en place des contributions ciblées, temporaires et exceptionnelles. Elles concerneront principalement certains ménages en capacité de participer à cet effort». Le ministre a illustré son propos en donnant un exemple concret : «Un ménage sans enfant percevant des revenus annuels d'environ 500 000 euros pourrait être concerné.» Il a tenu à souligner que ces mesures ne toucheraient qu'une fraction limitée de la population, estimant que  « seulement 0,3% des ménages » seraient concernés par cet effort fiscal supplémentaire.

 

En pratique, comment pourrait se traduire cette mesure ?

Le gouvernement pourrait décider de ne pas prendre en compte l'inflation sur les dernières tranches d'impôt sur le revenu donc, pas de revalorisation.
 
Ce gel des tranches supérieures du barème de l’impôt sur le revenu, alourdirait de manière automatique l’impôt sur le revenu des foyers fiscaux les plus riches.
GC
 
Soulignons qu'une  autre piste pourrait consister à augmenter voire doubler la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)

Pour mémoire, la CEHR vise l’ensemble des contribuables, résidents fiscaux français ou non, dont le revenu fiscal de référence excède 250 000 € (contribuables célibataires) ou 500 000 € (couples soumis à imposition commune). Elle est calculée sur le revenu fiscal de référence et est égale à :

  • 3% de la fraction du revenu fiscal de référence comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour les contribuables imposés séparément, et entre 500 000 € et 1 000 000 € pour ceux soumis à une imposition commune
  • 4% de la fraction du revenu fiscal de référence supérieure à 500 000 € pour les contribuables imposés séparément, et supérieure à 1 000 000 € pour ceux soumis à une imposition commune.
 
Pensez-vous que le Gouvernement touche au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) - Flat-Tax ?
S'agissant du PFU (30%) Je ne pense pas qu'il sera remis en cause.
 
En revanche le Gouvernement pourrait l'augmenter afin de viser les distributions de dividendes. J'imagine une augmentation de 3 points de l'impôt sur le revenu qui passerait de 12,8% à 15, 8%. Partant pour nos clients qui sont déjà imposés à la CEHR (4% max) pourrait conduire à une taxation au taux global maximale de 37%.
GC
 
Cette piste est en effet intéressante et largement envisagée dans différents rapports et notamment celui de Messieurs Nicolas Sansu et Jean-Paul Mattéi ( Rapport d'information, n°1678 relatif à la fiscalité du patrimoine).
 
 
L'exonération Dutreil qui est largement critiquée trés à droite et très à gauche, pourrait-il faire l'objet d'un rabotage dans le PLF2025 ?
Le Dutreil est en effet un vrai sujet en ce moment et nos clients sont soit attentistes concernant leur donations, soit s'empresse de les faire avant que la législation durcisse les conditions d'application. Les reproches qui ont été fait dans le cadre du rapport de la Cour des Compte sur son coût fiscal mal évalué son efficacité économique ou encore son caractère potentiellement inégalitaire sont justifiés dans la mesure où l'esprit du dispositif a été détourné depuis quelques années. 

 

J'ai observé des cas où des personnes effectuent des opérations de cash-out et de réinvestissement, puis se voient proposer d'utiliser le dispositif Dutreil sur des activités dans lesquelles elles ne sont pas réellement impliquées. Le dispositif Dutreil est normalement conçu pour faciliter la transmission d'entreprises familiales en offrant des avantages fiscaux. Cependant, dans les cas décrits, il semble être utilisé de manière détournée. Les personnes concernées cherchent simplement à remplir les conditions formelles du dispositif, sans respecter son esprit initial.

GC

 

En effet, c'est d'ailleurs ce que plusieurs rapports ont pointé du doigt, le fait qu'on peut être "trop tiré sur la corde". Est-ce qu'il n'y a pas eu des abus du système en utilisant le dispositif Dutreil d'une manière qui n'était pas prévue par le législateur ou dans tous les cas contraire à sa philosophie. Cette pratique pourrait potentiellement conduire non pas à une remise en question mais à un durcissement du dispositif Dutreil dans le futur, si elle est perçue comme une forme d'optimisation fiscale excessive.

 

Considéré comme une dépense fiscale, le conseil d’analyse économique (CAE) a produit une évaluation en 2021 (Conseil d’analyse économique, Repenser l’héritage, Les notes du CAE, n° 69, décembre 2021), qui estime le coût total des pactes « Dutreil succession » et « Dutreil donation » entre 2 et 3 Md€ en moyenne sur 2018-2019, évaluation bien supérieure à celle de l'administration (Tome II du rapport sur les Voies et moyens annexé au PLF 2023) qui l'estime à 500 M€.
 
Comme l'a rappelé le rapport d'information de messieurs. Michel Canévet , Rémi Cardon et Olivier Rietmann , fait au nom de la délégation aux entreprises du Sénat (Rapport n°33) la combinaison du dispositif Dutreil et de la réduction des droits à 50 % en cas de donation avant 70 ans (article 790 du CGI) peut permettre d'exonérer de droits de mutation à titre gratuit (DMTG) environ 90 % de la valeur de l'entreprise transmise , voire davantage selon la valorisation de l'entreprise. C'est pour cette raison 
 
Si tout récemment la Cour des comptes a recommandé la réalisation d’une étude statistique avant toute évolution législative, elle a également suggèré de réévaluer ce dispositif, potentiellement en le ciblant davantage sur les actifs directement liés à l'activité opérationnelle de l'entreprise.
 

Le but est d'éviter que bénéficient de l'exonération des sociétés disposant d'important surplus de trésorerie par rapport à leur besoin de fonds de roulement.

 

En pratique, il pourrait être envisagé d'allonger les durées d'engagement, de durcir l'éligibilité du dispositif, de le borner dans le temps afin de le soumettre à une évaluation...

Rappelons-nous que l'année passé, mettant en application les dispositions du projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027, la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale avait adopté un amendement au PLF2024 visant à encadrer l'exonération fiscale « Dutreil » (Art. 787 B et C du CGI) dans le temps. Toutefois ce bornage dans le temps est resté lettre morte, son examen lors des débats en séance publique 

 

Quid de l'IFI  ?

Il est peu probable qu'on revienne à l'ancien système, car cela ne correspond pas à l'idéologie de Macron.

Il est possible qu'il y ait une revalorisation du barème fiscal, notamment par l'indexation du seuil d’assujettissement à l’IFI sur l’inflation. voire la création de nouvelles tranches d'imposition.

GC

 

 

Le premier ministre a évoqué une "participation" des grandes entreprises réalisant d'importants profits comment pourrit se traduire cette mesure ?

Pour ne pas aller à rebours de la trajectoire de baisse de l'impôts sur les sociétés établie depuis 2017, il pourrait être envisagé l'introduction d'un (IS) additionnel, similaire à ce qui avait été fait après la crise des subprimes.

 

On était montré jusqu'à 38% à l'époque (Art. 235 ter ZAA du CGI). Cela pourrait concerner les entreprises avec un chiffre d'affaires supérieur à 100 ou 250 M€.

GC

 
Quand on parle de Niches Fiscales, notamment au sujet des entreprises, trés à droit comme très à gauche, on met à l'index le Crédit d'Impôt Recherche (CIR), comme l'a trés bien écrit dans nos colonnes votre confrère Terence Wilhelm qui suggère de repenser le dispositif plutôt que de le condamner. Dans tous les cas, ce dispositif pourrait également être au menu de ce budget de fin d'année. Q'en pensez-vous ?

Le crédit d'impôt recherche (CIR) reste un sujet de débat, notamment au vu des discussions animées de l'année dernière en commission des finances. Les critiques, particulièrement virulentes du côté de LFI, remettent en question son efficacité.

Cependant, il faut reconnaître que le CIR constitue un atout significatif pour la France sur le marché européen de la recherche et de l'innovation. Bien qu'il ne soit peut-être pas le dispositif le plus performant en comparaison internationale, il joue un rôle crucial dans le maintien des activités de recherche sur le territoire français et contribue à la préservation de nombreux emplois qualifiés.

La question de sa potentielle modification dans le prochain budget reste ouverte. Il est important de noter que le contexte politique a évolué depuis l'année dernière : nous avons un nouveau gouvernement, et de surcroît, un gouvernement qui ne bénéficie pas d'une majorité stable à l'Assemblée nationale.

Cette instabilité politique pourrait influencer les décisions concernant des mesures aussi stratégiques que le CIR. Il est donc difficile de prédire si le gouvernement choisira de modifier ce dispositif, étant donné les enjeux économiques et les contraintes politiques actuelles.

GC

 
Un sujet vous tient à coeur, je crois, les "management packages"  qui sont cruciaux pour le marché français du private equity, permettant d'intéresser les managers aux résultats de l'entreprise alors même que le Premier Ministre a annoncé vouloir relancer la participation, l’intéressement et l’actionnariat salarié, et pas seulement dans les grandes entreprises  ?

La question des management packages reste un sujet complexe et incertain dans le paysage fiscal français. Avant les récentes élections et la dissolution de l'Assemblée nationale, un colloque s'est tenu à la Sorbonne sur ce sujet. Un représentant de Bercy y avait évoqué la possibilité d'une avancée sur cette question.
Depuis 2021, la situation juridique demeure floue, avec une jurisprudence complexe et parfois divergente. D'un côté, le Conseil d'État traite de l'aspect impôt sur le revenu, tandis que la Cour de cassation s'occupe des contributions sociales. Les deux instances tendent à requalifier ces packages en salaires, la Cour de cassation allant jusqu'à considérer le seul statut de salarié comme critère suffisant.
Malgré l'annonce d'une possible clarification, il semble qu'aucun changement significatif ne soit à l'ordre du jour. Pourtant, cette question est cruciale.
Il est important de noter que les management packages ne concernent pas que les hauts dirigeants. Les montants en jeu sont très variables, d’une dizaine de milliers d’euros à quelques centaines de milliers d’euros, rarement des millions. Ces dispositifs servent souvent à faire émerger une nouvelle génération de managers lors des opérations de private equity.

 

La question centrale reste le traitement fiscal de ces packages : doivent-ils être taxés comme des salaires, ce qui serait plus coûteux, ou comme des plus-values, fiscalement plus avantageuses ?

GC

 
Mais d'autres pistes peuvent être envisagées à la faveur d'amendements...
 
  • Les plus-value des loueurs de meublés de tourisme non professionnels 

Depuis le PLF 2024 le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP) et la question de l'amortissement dans le calcul des plus-values. sont de tous les débats.

 

Pour mémoire, dans le cadre de cette location meublée non professionnelle (LMNP), les loyers sont imposés dans la catégorie des BIC et les propriétaires-bailleurs qui ont opté pour le régime réel, ont la possibilité de déduire chaque année de leurs charges une annuité d’amortissement qui correspondrait à la dépréciation de l’immeuble et des meubles. En revanche, le propriétaire-bailleur relève toujours du régime des plus-values immobilières des particuliers au titre du gain généré lors de la vente du bien. A ce jour, pour le calcul de la plus-value immobilière, ce contribuable n'a pas à à prendre en compte les amortissements déduits au moment de la cession, ce qui constitue un avantage fiscal considérable expliquant l'engouement pour ce régime.

 

En janvier dernier, dans le cadre de l'examen de la proposition de loi visant à Remédier aux déséquilibres du marché locatif en zone tendue, les députés ont ajouté un article 4 à ladite proposition, issu d'un amendement de M. M. Jean-René Cazeneuve (n°CE47), qui aménage l'article 151 septies-VII du CGI mettant ainsi fin de à l'avantage fiscal pour les loueurs de meublés de tourisme type Airbnb en prévoyant, pour le calcul de la plus-value de prendre en compte les amortissements déduits.

La Commission des Finances du Sénat qui a examiné la proposition de loi a adopté un amendement (COM-38) de son rapporteur visant à supprimer cet article 4 et a renvoyé une éventuelle modification de ce dispositif fiscal à la loi de finances, sur la base d’une étude précise de son impact.

Cette mesure pourrait refaire surface lors des débats parlementaires. Qu'en pensez-vous cher Maître  ?

Si un contribuable bénéficie d'une économie d'impôts grâce à l'amortissement pendant la période de location, il ne devrait pas pouvoir en bénéficier une seconde fois lors de la vente du bien.

On peut comparer cette situation à celle des sociétés fiscalement translucides, où le prix d'acquisition doit être ajusté en fonction des déficits générés. Je plaide pour que l'amortissement déduit soit pris en compte dans le calcul de la plus-value lors de la vente d'un bien en LMNP.

Cette mesure serait plus équitable fiscalement et éviterait que le régime LMNP ne devienne un simple outil d'optimisation fiscale excessivement attractif.

GC

 

  • Plus-values immobilières et abattement pour durée de détention

Dans un entretien qu'il nous avait accordé, le député des Pyrénées-Atlantiques Jean-Paul Mattei, avait évoqué une proposition qu'il défend depuis plusieurs années et qui vise à supprimer les abattements pour durée de détention et de les remplacer par une actualisation de la valeur d’acquisition du bien qui pourrait reposer sur une indexation sur l’inflation. 

 

En contrepartie, la taxe sur les plus-values immobilières serait abaissée de 36% à 30%, comme les plus-values des actifs financiers. Si cette réforme était mise en œuvre, elle permettrait de booster le marché du logement. Cependant, le député souhaite qu’elle soit mise en place progressivement, en commençant par les terrains à bâtir, puis deux ans après les terrains bâtis, avec un calendrier clair - afin de ne prendre personne à rebours.

 

  • Plus-value mobilière et réforme fiscale concernant l'effacement des plus-values lors des transmissions à titre gratuit (donations ou successions) 

Actuellement, lors d'une transmission à titre gratuit, la plus-value antérieure à la transmission n'est pas imposée. Seule la plus-value ultérieure est taxée en cas de revente par l'héritier ou le donataire. Ce système avantage principalement les patrimoines les plus importants, notamment ceux constitués de titres financiers ou bénéficiant du régime Dutreil.

 

Comme l'envisagent les auteurs de la mission d’information relative à la fiscalité du patrimoine il pourrait être proposé d'assimiler fiscalement la transmission à titre gratuit à une cession, avec un report ou sursis d'imposition de la plus-value latente. L'impôt serait dû lors de la revente effective des actifs par l'héritier ou le donataire. Cette mesure ne pénaliserait pas les reprises d'entreprises familiales bénéficiant des pactes Dutreil et pourrait encourager la stabilité du capital des entreprises familiales.

 

Une simulation estime le rendement potentiel de cette mesure à environ 2 Md€ par an, en ciblant les patrimoines les plus élevés (environ 1% des foyers fiscaux). Des ajustements seraient nécessaires pour éviter une double imposition et pour traiter les cas particuliers comme les transmissions successives sans réalisation de plus-value. Cette réforme viserait à augmenter la contribution fiscale des patrimoines les plus importants tout en préservant les transmissions d'entreprises familiales.

 

  • Taxation des Holdings familiales

La majorité des dividendes distribués par les sociétés (environ 78%) va à d'autres sociétés plutôt qu'aux ménages, ce qui permet d'éviter l'imposition au niveau des personnes physiques. De surcroit, ces sociétés bénéficiaires de dividendes peuvent bénéficier du régime des sociétés mères, qui exonère largement ces revenus de l'impôt sur les sociétés (IS), avec seulement une quote-part de frais et charges (QPFC) de 1% à 5%. Les plus-values à long terme (PVLT) bénéficient également d'un régime favorable avec une exonération d'IS, sauf une QPFC de 12% (Niche copé). Cette dernière exonération concerne les plus-values encaissées par des personnes physiques ou morales, en cas de vente de leurs filiales ou titres de participation détenus depuis plus de deux ans. Le mécanisme consiste à exonérer d’impôt la plus-value réalisée dans la main de la société cédante, sous réserve de retraiter le résultat fiscal de la société en y réintégrant une quote-part de frais et charges d’un montant de 12 % de la plus-value. Concrètement, la niche Copé revient ainsi à exonérer les plus-values à long terme sur titres de participation à 88 % d’impôt sur les plus-values.

 

Ainsi, les ménages les plus fortunés peuvent conserver une grande partie de leurs revenus financiers dans des sociétés patrimoniales qu'ils contrôlent, bénéficiant ainsi d'une fiscalité réduite. Ces sociétés patrimoniales permettent de réinvestir les bénéfices avec un minimum d'imposition. En pratique et contrairement aux contribuables à revenus modestes, les plus fortunés peuvent ainsi différer largement la taxation d'une part importante de leurs revenus tirés du patrimoine.

 

Partant,  il pourrait être envisagé d'augmenter les quotes-parts pour frais et charges (QPFC) applicables aux sociétés non opérationnelles détentrices de participations (holdings), tant pour les dividendes que pour les cessions de participations.

 

Pour mémoire, dans le cadre du PLF2020, un amendement adopté à l'Assemblée Nationale avait proposé d'augmenter la QPFC de la "niche Copé" de 12% à 13,29%. Il a été supprimé, avec l'avis favorable du Gouvernement, lors de l'examen du texte au Sénat

L'objectif étant "mettre du sable dans les rouages" des mécanismes de défiscalisation des revenus financiers via les holdings comme le soulignent les députés Sansu et Mattéi.

C'est en effet, une piste de réflexion trés sérieuse pour le prochain Projet de Loi de Finances (PLF). Cette approche, inspirée de certains pays étrangers comme l'Espagne, viserait à différencier le traitement fiscal des holdings selon leur nature.

L'idée serait de remettre en question l'uniformité du régime fiscal actuel, qui traite de manière identique les holdings patrimoniales et les holdings industrielles ou commerciales (opérationnelles). On pourrait arguer qu'il n'est pas justifié qu'une société holding purement patrimoniale bénéficie du même régime fiscal avantageux qu'une holding à la tête d'un groupe industriel ou commercial.

Plus précisément, on pourrait envisager de revoir l'abattement de 95% sur les dividendes, actuellement appliqué de manière uniforme. Cet abattement pourrait être maintenu pour les holdings industrielles ou commerciales, où il semble plus justifié, mais remis en question pour les holdings patrimoniales.

Bien que nous n'ayons pas d'information concrète sur l'inclusion d'une telle mesure dans le prochain PLF, cette réflexion pourrait faire partie des analyses menées par les autorités fiscales. L'objectif serait d'introduire plus d'équité dans le traitement fiscal des différents types de sociétés holding, en tenant compte de leur nature et de leur rôle économique.

GC

 

...et d'autres encore :

  • la suppression de l’article 1133 du CGI qui prévoit qu’aucun droit n’est dû lors de la réunion pour cause de décès de la pleine propriété sur une même tête ce qui constitue un avantage fiscal significatif en comparaison à l’imposition due lors d’une transmission en pleine propriété.
  • le plafonnement de l’abattement de 30 % sur la résidence principale existant dans l’assiette de l’IFI à 600 000 €
  • la création d'un statut de l’investisseur immobilier avec application du PFU pour les revenus fonciers en contrepartie d’un engagement de location du bien immobilier de plus d’un an, d’un encadrement des loyers, et d’un diagnostic de performance énergétique de catégorie D.. 

Bref c'est un PLF passionnant qui nous attend...affaire à suivre

Publié le vendredi 4 octobre 2024 par La rédaction

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