Bernard BUFFET, né le 10 juillet 1928 à Paris, est l’une des figures les plus singulières de la peinture figurative d’après-guerre, souvent qualifié d’expressionniste « misérabiliste » pour la noirceur assumée de son univers. Son parcours biographique et artistique, marqué par une célébrité fulgurante puis par une période de relative mise à l’écart avant une relecture critique récente, en fait un cas d’école pour comprendre les tensions de la scène française entre abstraction et figuration.
Un prodige précoce de l’après-guerre
Né dans le quartier des Batignolles, Bernard Buffet montre très tôt des aptitudes exceptionnelles pour le dessin. À quinze ans, il réussit le concours d’entrée à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, qu’il fréquente brièvement avant de poursuivre son travail en indépendant. Dès 1946-1947, il participe à des salons, expose un autoportrait au Salon des moins de trente ans et bénéficie d’une première exposition personnelle organisée à Paris, qui attire l’attention du Musée national d’art moderne et de collectionneurs comme Maurice Girardin. En 1948, le musée lui achète Nature morte au poulet, tandis que la critique lui décerne le Prix de la Jeune Peinture et le Prix de la critique, propulsant sa carrière.
Une ascension fulgurante et une reconnaissance institutionnelle
Durant les années 1950, Bernard Buffet s’impose comme l’un des peintres les plus médiatisés de sa génération. En 1955, il arrive en tête d’un référendum de la revue Connaissance des arts désignant les « dix meilleurs peintres de l’après-guerre », confirmant sa notoriété internationale. En 1958, la galerie Charpentier lui consacre une rétrospective importante, tandis que sa rencontre avec Annabel Schwob, qui devient son épouse et sa muse, stabilise sa vie personnelle et nourrit de nombreux cycles picturaux. Au fil des décennies, Buffet multiplie les expositions en France et à l’étranger, reçoit la Légion d’honneur et est élu à l’Académie des beaux-arts en 1974, signe d’une reconnaissance officielle malgré les polémiques.
Un style reconnaissable entre noirceur et élégance
Sur le plan artistique, Bernard Buffet développe un langage visuel immédiatement identifiable. Ses œuvres figuratives se caractérisent par des lignes noires, sèches et droites, structurant des corps et des objets allongés dans des compositions fortement géométrisées.
Selon Artprice sa palette, d’abord dominée par les gris, ocres et bruns, renforce une tension dramatique qui lui vaut l’étiquette de peintre de la mélancolie, des visages émaciés et de la solitude. Ses cycles – clowns, paysages urbains, crucifixions, natures mortes austères – explorent une vision existentielle du monde, à rebours des séductions colorées de l’abstraction triomphante.
L’artiste s’inspire de nombreuses thématiques allant des natures mortes en passant par des paysages, ou encore des animaux. Ses séries les plus célèbres et les plus recherchées sont celles représentant des clowns. Soutenu très tôt par des collectionneurs et marchands influents, il devient particulièrement célèbre et médiatique dans les années 1960 et 1970.
Bernard Buffet a beaucoup voyagé et exposé à travers le monde. Sa notoriété a notamment conquis le Japon, où un musée lui est entièrement consacré à Nagaizumi, dans le parc naturel Surugadaira. Apprécié en Asie, il est présent dans les ventes hongkongaises. Sa toile Les clowns musiciens, le saxophoniste (1991) s’est vendue à plus de 2m$ chez Christie’s Hong Kong en décembre 2021.

Les clowns musiciens, le saxophoniste (1991) - Bernard Buffet©Adagp
De nombreuses ventes d’œuvres de Bernard Buffet répertoriées par Artprice sont attendues à travers le monde en juillet 2026, confirmant l’intérêt soutenu des Maisons de Ventes pour son œuvre et sa reconnaissance mondiale.