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Marché de l'art

Picasso et Monet sont-ils trop chers ?

Bien que Picasso demeure le meilleur générateur d’enchères multimillionnaires en salles de ventes , les collectionneurs n’ont pas assez faim de chefs-d’œuvre pour faire grimper les enchères à tout prix. Face à une offre ténue au sommet de sa cote, les acheteurs sont réfléchis.

Pour preuve : parmi les trente-deux lots estimés à un million de dollars ou plus le soir du 3 mai chez Sotheby’s, seulement dix-sept ont dépassé ce seuil , et seules quatre œuvres de Pablo PICASSO sur les dix présentées ce soir-là sont parties au-delà de leurs estimations basses.

L’œuvre phare de la vente, Femmes lisant (deux personnages) de Pablo Picasso peinait à atteindre 19 m$, lorsque la maison de ventes en attendait au moins 25 m$. Certains optimistes, galvanisés par l’adjudication en février à Londres de La lecture à 22,5 m£ (soit 36,2 m$, le double de son estimation), annonçaient que la Femme lisant n’aurait aucun mal à dépasser les 35 m$ d’estimation haute.

L’effet Picasso n’a pas opéré pour trois autres œuvres majeures présentées chez Sotheby’s : Couple à la guitare fut cédée 8,5 m$ contre une estimation basse de 10 m$, puis Femme nue assise contre une draperie et Vue d’une fenêtre , attendues respectivement à 2,5 m$ et 5 m$, sont finalement restées dans les mains du commissaire-priseur.

Au total, huit des dix œuvres de Pablo Picasso présentées ce soir-là partaient pour 51,6 m$ (près du tiers du résultat de la vente), un résultat néanmoins largement en deçà des estimations qui tablaient sur une récolte de 60 à 85 m$ pour les dix œuvres. L*'année dernière, lors des mêmes vacations new-yorkaises, Christie’s dégageait 127 m$ sous la seule signature de Picasso.*

Cette vacation impressionniste et moderne de Sotheby’s présentait 59 œuvres de prestige le soir du 3 mai pour un résultat final, hors frais, de 149 m$. En période faste du marché, cette même cession de mai rapportait 208 m$ à la maison de ventes (mai 2008) en 48 coups de marteau.

Le résultat de cette vente est relativement bon comparé aux 52 m$ générés par cette session en mai 2009, mais il demeure très loin des chiffres annoncés : tandis qu’elle espérait entre 158 m$ et 231 m$ pour cette soirée, Sotheby’s n’atteint pas même son estimation basse… cela ne s’était pas reproduit pour une vente impressionniste et moderne depuis 2009, au creux de la vague.

  • L’effet Monet attendu à Londres Autre grande déception des ventes de mai pour Claude MONET, second pilier avec Picasso de ce type de ventes . Sous cette signature prestigieuse, les vendeurs et les maisons de ventes se montrent là encore bien trop gourmands… Résultat : les Iris mauves, superbe toile de 1914-1917 restait invendue . Christie’s affichait une estimation de 15-20m$, alors qu’elle vendait cette même œuvre pour 3,5 m$ en 1997. L’estimation 2011 affichait donc une hausse de +320% pour cette toile, déjà détentrice d’un record pour des Iris signés Monet. Les Peupliers du même artiste ont fait mieux, triplant un résultat de novembre 2000 (6,4 m$, Christie’s NY), malgré une «timide» adjudication de 20 m$, au bas de son estimation.

Le pouls du marché moderne va s’accélérer au mois de juin avec la dispersion par Christie’s Londres d’une partie du fonds de la galerie du célèbre marchand Ernst Beyeler, décédé en février 2010 . Ce fonds comprend entre autres un tableau des Nymphéas de Monet . Pour mémoire, le grand Le bassin aux nymphéas de 1919 atteignait 71 m$ en juin 2008 chez Christie’s Londres.

Publié le vendredi 27 mai 2011 par Artprice

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