L’immense photographe américain, amoureux de la faune, a été retrouvé mort le 19 avril 2020 dans le parc national de Camp Hero, à Montauk, à l’est de New York. Âgé de 82 ans et atteint de démence sénile, il avait disparu trois semaines plus tôt. « Il est mort où il a vécu : dans la nature », a souligné sa famille dans un communiqué.
La nature était en effet son repère. Les paysages et la vie animale africaine notamment. Peter BEARD commence la photographie animalière au Kenya et dans les parcs de l’Ouganda au début des années 60. Ses clichés mettent en lumière les horreurs liées au braconnage et à la réduction du territoire des animaux. Il photographie avec obsession les 30.000 éléphants mourants de faim dans le parc de Tsavo, les squelettes de zèbres, les hippopotames, les rhinocéros et les vautours. Des clichés publiés dans son premier livre, The End of the Game (1965), un ouvrage fondateur et un témoignage singulier avec des photographies augmentées de textes, dessins et documents.
« L’extrême beauté est l’extrême beauté » (Peter Beard)
Photographie emblématique de cet ouvrage, le cliché de deux guépards orphelins, pris en mars 1968 à Mweiga, au Kenya a été tiré, travaillé, redessiné à de nombreuses reprises. Une obsession de l’image qui se répète inlassablement, en se renouvelant perpétuellement par l’adjonction de mots, de collages, de plumes, de sang ou de mue de serpents. De dessins aussi. Quand il n’augmentait pas ses photos de ses propres dessins, Peter Beard faisait intervenir d’autres artistes.
Une version des deux guépards orphelins – Orphaned Cheetah Cubs – a ainsi été redessinée par Mathenge & Kivoi (449 000 $, Christie’s , 03/10/2013 ). Une autre, embellie par les artistes Solomon Wamisigo et Esta Njoki, a atteint un prix record de 672 500 $ chez Christie’s en 2017.
Partageant sa vie entre le Kenya et New York depuis 1972, Peter Beard naviguait d’un monde à l’autre. Il fut l’ami d’Andy Warhol, de Salvador Dali, de Francis Bacon, qui a peint Peter à plusieurs reprises (voir Three studies for a portrait (Peter Beard), triptyque vendu chez Christie’s en 1988). Passant allègrement de la faune africaine à la jet set new-yorkaise, Peter Beard a marié ces deux antipodes dans plusieurs clichés, dont celui de la fameuse top modèle Veruschka von Lehndorff, photographiée pour Vogue en train d’attacher un rhinocéros dans le parc national de Tsavo East en 1964. Un tirage tardif, rehaussé au sang, s’est vendu chez Christie’s pour 27 500 $ en 2012 (Veruschka von Lehndorff and Galo Galo Guyn, Hunting Block 29, Capturing Rhino).
Ses photographies de la vie sauvage ont été publiées dans des revues telles que Vanity Fair, The Sunday Times, International Herald Tribune, Architectural Digest et le magazine LIFE ; et sa première exposition a été inaugurée à la galerie Blum Helmande New York en 1975. Elle fut suivie, deux ans plus tard, d’une exposition personnelle au Centre International de la Photographie de New York. En 1996, une rétrospective lui fut consacrée au Centre National de la Photographie à Paris. Son exposition la plus récente, Peter Beard: Last Word From Paradise, a eu lieu en 2016 au Guild Hall Museum à East Hampton, New York.
Parmi ses oeuvres les plus cotées :
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grands tirages argentiques rehaussés entre 250.000$ et 700.000$
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Orphaned Cheetah Cubs, Mweiga, near Nyeri, Kenta, March 1968
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Hunting Cheetahs on the Taru Desert, Kenya, June
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Giraffes in Mirage on the Taru desert, Kenya
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Médecin malgré lui ?
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756 elephants in a “misery likes company”
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Prix des polaroids rehaussés :
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entre 5.000 et 25.000 $ en moyenne