L’Art entre dans le Métaverse

10/08/2022 Par Artprice
4 min de lecture

Rien ne remplacera jamais l’expérience unique d’admirer une œuvre en vrai dans un musée, mais cela n’enlève rien à ce que peut apporter une reproduction dans un livre ou même sur internet. Il arrive aussi que les musées doivent fermer leurs portes pendant plusieurs jours, voire plusieurs mois. Et puis il y a toutes ces œuvres qui n’y ont pas vraiment encore leur place. Les Métavers offrent désormais toutes sortes d’alternatives pour montrer l’Art sous toutes ses coutures.

 

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Immersion 3D à 360° au cœur de la Demeure du Chaos, siège social d’Artmarket.com

 

Thierry Ehrmann, Président et Fondateur d’Artmarket.com et de son département Artprice : « Les Métavers donneront naissance au meilleur comme au plus nébuleux. Déjà il en existe de très nombreuses bribes, qui révèlent les innombrables applications possibles : pendant que certains Métavers fonctionnent comme des extensions de notre monde bien réel, d’autres inventent de nouveaux univers régis par leurs propres règles. Les velléités de Facebook (Meta) ou de Sandbox dominent actuellement les débats, mais bien d’autres formes de Métavers se construisent ici et là, en particulier dans le monde de l’Art et autour d’Artprice ».

Plongée dans l’ère digitale

Les visites virtuelles se sont progressivement imposées dans le monde de l’art au cours des dix dernières années. Aujourd’hui nombre de musées, de foires et de maisons de ventes proposent de déambuler dans leurs lieux d’exposition sur un smartphone, une tablette ou un ordinateur.

Cette alternative permet, aux amateurs comme aux professionnels, d’accéder aux œuvres, en bénéficiant d’un contenu enrichi. Il s’agit là d’une manière complémentaire de vivre ou de revivre une exposition qui répond à un besoin croissant de flexibilité, dont on mesure l’importance avec les NFT. Les plateformes qui permettent les échanges de ces certificats numériques sont en effet accessibles jour et nuit en tout point de la terre, pourvu seulement qu’il y ait une connexion internet.

Si les visites digitales ont été créées à l’origine comme des photo-montages, les nouvelles technologies utilisent désormais des logiciels de conception 3D ainsi que l’Intelligence Artificielle. Les solutions développées, entre autres, par the Universal Art Museum, Genesis Penthouse ou Spatial permettent d’« accrocher » une collection tout entière d’oeuvres d’art dans un espace digital, avec une liberté scénographique quasi infinie.

https://www.the-uma.org/en/
https://www.nftoasis.co/genesis-penthouse
https://spatial.io/

Bienvenue de l’« autre côté »

Si ces idées restent floues pour le grand public, nombre de projets parmi les plus importants de la sphère NFT font miroiter l’arrivée prochaine de leur Métavers. C’est d’ores et déjà le cas de Yuga Labs avec le lancement de « Otherdeed for Otherside ».

https://www.youtube.com/watch?v=wcOyqZtZs8g

Au sommet de la renommée de BAYC (Bored Ape Yacht Club) et fort de sa prestigieuse communauté, YUGA LABS (XX-XXI) a organisé la première vente de terrains dans son Métavers baptisé The Otherside. L’immense engouement pour le projet BAYC et un prix de mint très attractif (305 $APE ~ 6 000 $) ont poussé la Blockchain Ethereum au-delà de ses limites d’utilisation : les prix de gaz (c.-à-d., frais de la Blockchain) se sont envolés et bon nombre de participants n’ont pu acquérir une parcelle malgré avoir payé des frais importants. Les concepteurs se sont heureusement engagés à dédommager les utilisateurs lésés.

Le prix plancher pour un terrain s’élève actuellement à 2,55 ETH (~2 500 $) alors que le dernier Ape vendu aux enchères publiques avait atteint 3,4 m$.

https://opensea.io/collection/otherdeed
https://www.artprice.com/artist/1011081/yuga-labs/lots/pasts/27/nft

 

L’artiste contemporain Takashi MURAKAMI (1962) a pour sa part annoncé vouloir construire un Métavers qui serait comme la somme de tous ses projets, murakamiflowers.kaikaikiki.com :

 

« Normalement, avoir 60 ans peut signifier que vous êtes dans la dernière étape de votre vie, mais comme je l’ai dit plus tôt, mes œuvres sont conçues pour que leur mécanisme commence à fonctionner après ma mort. C’est donc vraiment la ligne de départ pour moi.
[…]
J’ai essayé de recréer dans le monde numérique une scène où le pied de la montagne sacrée du Japon, le Mont Fuji, serait en pleine floraison de cerisiers en fleurs. J’ai dessiné une image délirante d’un futur espace virtuel où, avec M.F [Murakami Flowers], mes différents titres et activités commerciales seront reconstruits dans le monde numérique ».

 

Un nébuleux programme pour lequel Murakami, à l’instar de bien d’autres projets de Métavers, nous réserve bien des surprises.

Communiqué d'Artprice