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Assurance vie pour un couple marié en communauté : quels sont les choix à faire ?

Produits financiers
A propos de l'auteur Créée en 1968, l’Union Financière de France est une banque spécialisée dans le conseil en gestion de patrimoine. Elle accompagne ses clients particuliers et chefs d’entreprise. Sa gamme de solutions, construite en architecture ouverte, comprend l’immobilier, les valeurs mobilières et l’assurance vie ainsi qu’un large éventail de produits destinés aux entreprises (plan d’épargne retraite, plan d’épargne salariale, gestion de liquidités à moyen terme, etc.). L’Union Financière de France dispose d’un réseau dense présent partout en France et est composée de 1 500 salariés, dont plus de 1 200 dédiés au conseil. L’Union Financière de France compte 211 000 clients, dont 187 000 particuliers et 24 000 entreprises. Union Financière de France Banque est cotée sur Euronext Paris Compartiment B Code Euroclear 3454 - Code ISIN FR0000034548.

Article de L’Union Financière de France du 23 juin 2016

Depuis 20 ans, le sujet de la souscription d’un contrat d’assurance vie (épargne) lorsque le couple est marié sous un régime de communauté de biens a fait couler beaucoup d’encre.

De l’arrêt Praslicka (1992) aux dernières réponses ministérielles (RM), dont la RM Bacquet (2010) et la RM CIOT (23/02/2016), l’investisseur et son conseil patrimonial éprouvent souvent de grandes difficultés à se positionner face à l’instabilité qui entoure le sujet.

Afin d’y voir plus clair, l’UFF tente de répondre à plusieurs interrogations :

  • Quel est le mode de souscription adapté à l’objectif patrimonial généralement recherché ?

  • Doit‐on alors préférer une co‐souscription avec dénouement au 1er décès et clause démembrée, ou bien deux souscriptions individuelles aux bénéfices « croisés » ?

  • Les solutions mises en place précédemment dans cet objectif patrimonial suite à la RM Bacquet doivent‐elles être systématiquement reconsidérées ?

Bien identifier l’objectif patrimonial recherché

Les époux souhaitent que les sommes communes visées :

  • restent à leur entière disposition en cas de besoin de leur vivant à tous les deux, mais aussi après le décès du premier d’entre eux, et ce, quel que soit l’ordre des décès ;

  • soient ensuite transmises, pour ce qu’il en restera, à leurs enfants communs ;

  • Ils souhaitent en outre que cette transmission bénéficie de la meilleure fiscalité possible, au décès du premier d’entre eux, mais également suite au deuxième décès, de façon à maximiser le patrimoine net de fiscalité transmis à leurs enfants.

Deux exemples simples pour répondre aux questions posées

Cet objectif étant établi, nous allons raisonner successivement sur la base de deux exemples « standards », construits avec les mêmes hypothèses de base de patrimoine existant et de structure familiale :

  • couple marié – Régime de communauté de biens réduite aux acquêts,

  • âgés respectifs : M. 57 ans et Mme 55 ans

  • deux enfants du lit commun, 27 et 28 ans

  • entente familiale globale parfaite

  • patrimoine commun hors assurance vie : Résidence principale / Résidence secondaire / Immobilier locatif / Produits bancaires de précaution

  • capital à placer en assurance vie selon l’objectif défini : 150 000 €

Exemple 1Exemple 2

Ni M., ni Mme n’ont de patrimoine propre. M. décède en 2031 (il aura 72 ans, et son épouse en aura alors 70).

Mme opte pour l’usufruit sur la totalité de la succession de M.

Elle décède 5 ans après son mari, en 2036. Elle n’a pas eu besoin des capitaux de l’assurance vie.

Patrimoine commun au décès de M. hors assurance vie :

- Résidence principale 600 K€

- Résidence secondaire 200 KE

- Meubles meublants : pour mémoire

- Immobilier locatif : 450 K€

- Produits bancaires de précaution : 50 K€

Récompenses et Passif de communauté : pour mémoire Valeur brute des capitaux d’assurance vie (1) : 233 696 €

Données identiques à celles de l’exemple 1.

Mais l’épouse est contrainte, 4 ans après le décès de son mari, de disposer de 50 000 € nets pour maintenir sa qualité de vie.

Elle effectue donc en 2035 un rachat de 53 000 € sur le contrat d’assurance vie souscrit suite au décès de son mari.

Il reste alors ensuite :

- 21 000 € sur ce contrat dans le cas de contrats souscrits individuellement à l’origine

- 145 000 € dans le cas d’un contrat souscrit en co‐adhésion à l’origine

(1) Contrat investi en totalité en UC ; rendement annuel 3%, net de frais de gestion du contrat

  • Quel est le patrimoine net transmis suite aux 2 décès ?

    • Exemple 1

Contrats individuels, bénéficiaires « croisés »Contrat en co‐adhésion au 1er décès, clause bénéficiaire démembrée

1 440 K€

1 456 K€

Dans ce cas, les deux solutions sont équivalentes en termes économiques au regard de l’objectif recherché

  • Quel est le patrimoine net transmis suite aux 2 décès ?

    • Exemple 2

Contrats individuels, bénéficiaires « croisés »Contrat en co‐adhésion au 1er décès, clause bénéficiaire démembrée

1 396 K€

1 409 K€

Dans cet exemple également, les deux solutions sont équivalentes en termes économiques au regard de l’objectif recherché.

Un patrimoine plus important change‐t‐il la conclusion ?

Si l’on reprend le contexte de l’exemple 1 ci‐dessus, mais avec un capital à placer en assurance vie de 500.000€, ainsi qu’un patrimoine au 1er décès 3 fois plus important, on aboutit aux résultats récapitulatifs suivants :

  • Contrats individuels, bénéficiaires « croisés » : 4 118 K€

  • Contrat en co‐adhésion au 1er décès, clause bénéficiaire démembrée : 4 185 K€ Ici encore, d’un point de vue économique, les deux solutions se valent.

Conclusions

À ce jour, dans la grande majorité des cas, suite au nouveau traitement fiscal ouvert par la réponse ministérielle CIOT pour les contrats non dénoués par le premier décès au sein du couple :

  • il est économiquement indifférent de recourir à une co‐souscription avec dénouement au 1er décès et clause démembrée ou à deux souscriptions individuelles aux bénéfices « croisés » ;

  • les solutions de contrats de co‐adhésion (dénouement au 1er décès et clause démembrée), qui avaient été mises en place suite à la RM Bacquet ne présentent pas de défaut particulier.

Le conseil de l’UFF

Une co‐adhésion au 1er décès avec clause démembrée nous parait être la solution à privilégier dans la grande majorité des situations. Cela permet de parer à l’éventualité où les pouvoirs publics reviendraient une fois de plus sur leur position.

Nous rappelons que l’adaptation du mode de souscription (individuelle ou co‐adhésion) et la rédaction de la clause bénéficiaire doivent, quoi qu’il arrive, faire l’objet d’une analyse préalable avec d’autant plus d’acuité que le patrimoine est important et que l’objectif patrimonial ou que la structure familiale sont différents de ceux retenus dans cette fiche.

Le recours au conseiller patrimonial, prenant en compte l’ensemble des paramètres, est plus que jamais nécessaire dans cet environnement très mouvant.