Cette séance parlementaire du vote solennel sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 au cours duquel les députés ont rejeté le texte discuté depuis plusieurs semaines illustre les profondes divisions politiques à l'Assemblée nationale dans un contexte post-électoral tendu.
Les différents groupes parlementaires ont exprimé des positions radicalement opposées :
Pour La France Insoumise-NFP, par la voix de M. Le Coq, le ton était particulièrement virulent. Le député a dénoncé ce qu'il qualifie de "vol électoral" et conteste frontalement la légitimité du gouvernement. Son groupe revendique l'adoption de 75 Md€ de recettes nouvelles à travers divers amendements, principalement orientés vers la taxation des plus fortunés et des grandes entreprises. Fort de ces modifications, le groupe annonce son vote en faveur du texte ainsi amendé.
Le groupe Socialiste, représenté par M. Brun, a adopté une position plus nuancée. Évoquant l'héritage de Jean Jaurès, il a mis en avant une approche privilégiant la responsabilité parlementaire et la nécessité d'aboutir à un budget pour le pays. Les socialistes se sont félicités de l'adoption de 82 de leurs amendements, portant notamment sur des mesures sociales concrètes comme la défiscalisation des pensions alimentaires, l'aide aux agriculteurs ou encore la création d'un crédit d'impôt pour les résidents en Ehpad.
En opposition frontale, le groupe Ensemble pour la République, majoritaire, par la voix de M. Amiel, a condamné ce qu'il qualifie de "barbouillis budgétaire" jugé inapplicable. Il a dénoncé particulièrement ce qu'il perçoit comme une alliance objective entre l'extrême droite et l'extrême gauche, exprimant de vives inquiétudes quant aux conséquences sur la compétitivité économique du pays. Le groupe a annoncé sans surprise son vote contre le texte.
L'issue du scrutin est sans appel : sur 573 votants et 554 suffrages exprimés, seuls 192 députés se prononcent en faveur du texte, tandis que 362 votent contre, entraînant son rejet.
Face à ce résultat, le ministre du Budget, M. Saint-Martin qui a pris acte du rejet, a salué ce qu'il considère comme un refus du "matraquage fiscal". Dans une tentative d'ouverture, il a annonce que certains amendements adoptés à l'Assemblée seront repris lors de l'examen au Sénat, exprimant sa confiance dans la possibilité d'aboutir à un budget via la poursuite de la procédure parlementaire.
Ce rejet de la première partie du PLF, a entrainé mécaniquement celui de l'ensemble du projet de loi de finances. Le texte va désormais poursuivre son parcours au Sénat, avec la perspective d'une commission mixte paritaire qui tentera de dégager un compromis.
Affaire à suivre...au Sénat