Plusieurs Sénateurs ont déposé ce jour une proposition tendant à l’abrogation du bouclier fiscal.
Le bouclier fiscal participe, de manière symbolique à plus d'un titre, de cette démarche dont les allégements progressifs des tranches les plus élevées de l'impôt sur le revenu, l'extension des niches fiscales, la baisse du taux de l'impôt sur les sociétés ou, plus récemment encore, la suppression de la taxe professionnelle ont été, à un moment donné ou un autre, parfois en même temps, les manifestations les plus significatives.
Le bouclier fiscal, qui tend à plafonner à 50 % du revenu des contribuables le total des sommes qu'ils versent à l'État, aux collectivités locales et à la sécurité sociale avait constitué l'un des arguments principaux de la campagne électorale présidentielle.
Les « résultats » du bouclier fiscal pour 2009 viennent d'être annoncés par le ministre de l'économie, Mme LAGARDE. Ce sont autour de 586 millions d'euros qui ont été versés à environ 16 500 personnes, chiffre en nette hausse par rapport à l'année précédente.
Il faut rappeler qu'en 2008, une somme de 368 millions d'euros avait bénéficié à 1 000 personnes, soit 368 000 euros en moyenne par personne, équivalent à 30 ans de SMIC. Pire, 150 personnes s'étaient partagées 150 millions d'euros.
Ce dispositif fiscal que les sénateurs qualifient de "privilège fiscal"
« est d’autant moins acceptable, que des centaines de milliers de chômeurs se sont ajoutés aux millions existants, que le pouvoir d’achat baisse et que, enfin, une dure réforme des retraites est annoncée au nom de la sauvegarde des finances publiques. »