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Suivi législatif

PLF 2026 : l'apport-cession menacé par la fin de la purge fiscale et le durcissement des seuils

La reprise des débats sur le PLF 2026 en commission des finances de l'Assemblée Nationale relance le débat sur l'avenir du régime de l'apport-cession (Art. 150-0 B ter du CGI). Après l'échec de la CMP en décembre dernier, une rupture est apparue entre la position du Sénat, favorable à un durcissement modéré, et celle de l'Assemblée nationale qui envisage une réforme structurelle bien plus dure.

 

Alors que le Sénat proposait fin 2025 un aménagement du dispositif (passage du seuil de réinvestissement à 70 % et uniformisation du délai de conservation à 5 ans), les députés de la Commission des Finances ont déposé le 5 janvier 2026 des amendements visant une refonte beaucoup plus radicale reprenant les mesures adoptées en première lecture à l'assemblée Nationale mais n'ayant pas survécu à la CMP.

 

Deux évolutions majeures se dessinent à travers l'amendement phare (CF396) porté par le groupe LIOT :

  • Un durcissement du seuil de réinvestissement : Le seuil de réinvestissement serait porté à 80 % (contre 60 % aujourd'hui), compensé par un allongement du délai pour investir à 5 ans.
  • La fin de la purge au décès : C'est la mesure la plus importante. Le décès de l'apporteur ne gommerait plus la plus-value en report ; celle-ci serait transmise aux héritiers, créant une dette fiscale latente.

Actuellement, le décès du contribuable (l'apporteur) entraîne une "purge" de la plus-value en report. Les héritiers recoivent les titres de la holding valorisés au jour du décès, et l'impôt sur la plus-value en report n'est jamais payé.  La mesure proposée prévoit que le report d'imposition serait transmis aux héritiers. La plus-value latente ne disparaît plus.

  • Les héritiers devraient déclarer ce report.
  • L'imposition serait déclenchée (au nom de l'héritier) si les titres sont cédés, apportés, remboursés ou annulés dans un délai de 5 ans après la succession.

En contrepartie de ce durcissement du régime, le principe de proportionnalité serait introduit : le non-respect partiel du seuil de réinvestissement n'entraînerait plus la déchéance totale du report, mais une taxation au prorata des sommes non réinvesties.

 

 

Amendement Dispositif proposé
CF774

 

Le groupe LFI s'attaque à ce qu'il qualifie de « niche fiscale au service de la finance ». L'amendement vise à supprimer les dispositions permettant l'allongement de la durée de report, refusant tout assouplissement du dispositif actuel.

 

CF660

 

Cet amendement vise à supprimer l'article 3 octies du PLF2026 pour forcer le Gouvernement et la Commission à clarifier les impacts précis de la réforme sénatoriale avant toute adoption définitive.

 

CF396

 

- Seuil : Hausse du réinvestissement obligatoire de 60 % à 80 % .

- Délai : Allongement du délai pour réinvestir de 2 à 5 ans.

- Fin de la Purge : La plus-value en report est transmise aux héritiers lors du décès. Elle devient imposable si les héritiers cèdent les titres dans les 5 ou 10 ans suivant le décès - Proportionnalité : Maintien du report au prorata des sommes effectivement réinvesties (fin de l'effet couperet).

 

 

CF395

 

Variante de Repli (80% & proportionnalité) : Version allégée du CF396 qui se concentre sur les paramètres économiques sans toucher à la purge au décès.


- Relève le seuil de réinvestissement à 80 % .

- Introduit la proportionnalité de la sanction en cas de réinvestissement partiel.

 

 

Publié le mercredi 7 janvier 2026 par La rédaction

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